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S’inspirer du passé de l’aîné Alzheimer résidant en CHSLD

M. Gagnon est atteint d’Alzheimer. L’aîné vit dans un CHSLD depuis 2 ans et fait de l’errance dans les couloirs plusieurs fois par jour. Tous les matins, il se lève très tôt. Il sort alors de sa chambre et cogne parfois aux portes des autres résidents, ce qui peut les réveiller ou les faire sursauter. Le personnel soignant a l’impression de perdre son temps en le raccompagnant à tous les matins. À toutes les fois, plusieurs fois par matin, M. Gagnon s’agite et ne veut pas retourner à sa chambre. Une fois dans sa chambre, il est agressif et refuse qu’on lui prodigue des soins. Le personnel du CHSLD est épuisé par son comportement qui nuit au bon fonctionnement de l’étage. Et si on le médicamentait? La méthode Montessori propose d’autres solutions…
 

Comprendre l’histoire de l’aîné Alzheimer pour améliorer son quotidien en CHSLD 

Lors d’une discussion avec sa fille, l’équipe du Centre Montessori Alzheimer a appris que M. Gagnon était facteur (postier). Toute sa vie, il s’est levé très tôt pour passer le courrier dans son village natal. Il pouvait marcher des kilomètres tous les jours avec sa poche de lettres. Le professionnel Montessori a déduit qu’il reproduisait donc sa routine acquise dans son jeune âge, mais maintenant dans un contexte de CHSLD et d’Alzheimer.
 

Solution initiale du CHSLD face à un résident Alzheimer agressif

Devant autant de mouvement et de dérangement des résidents, le personnel soignant était irrité à l’idée de devoir toujours répéter à M. Gagnon de retourner à sa chambre. Leur relation était tendue et M. Gagnon devenait souvent agressif lors du retour. Certains employés ont suggéré la médication comme réponse à ces comportements dérangeants. Souvent, sans jamais se demander pourquoi leur résident Alzheimer était aussi agité. Leur intervention était donc toujours à recommencer. M. Gagnon peut monopoliser un minimum d’une heure de leur temps, tous les jours.
 

Solution de la méthode Montessori en CHSLD pour aîné Alzheimer 

M. Gagnon trouve un sens dans ces mouvements répétitifs provenant de son passé. Bien qu’il communique très peu et a de bonnes pertes de mémoire, il est physiquement encore capable de marcher sans aide. Tous les matins vers 6h00, M. Gagnon a désormais une pile de revues, de sodokus et de mots croisés qui l’attend au bureau des infirmières. Le personnel de nuit s’assure de planifier sa pile. Ce qui leur prend beaucoup moins de temps que les répétitifs raccompagnements. Au matin, M. Gagnon passe récupérer les revues et les déposes dans les supports en plastique qui servent aux dossiers médicaux ( déjà présentes aux portes des chambres du CHSLD). Ainsi, il ne dérange plus les résidents et ceux-ci sont même contents de le voir arriver ou de récupérer leur lecture. Aucune médication n’a été requise. Qu’une pile de revues amassées gratuitement par le personnel soignant.
 
L’écoute et la compréhension du résident aîné Alzheimer a fait une différence pour tous les gens actifs en CHSLD. Cette attention a amélioré l’harmonie au sein de l’étage. Les résidents ne sont plus dérangés, heureux d’avoir leur courrier et le personnel n’a plus à raccompagner M. Gagnon plusieurs fois par jour et surtout, M. Gagnon s’accomplit à sa façon. À Noël et à la Saint-Valentin, M. Gagnon «poste» désormais aussi des cartes de souhaits aux résidents. Cartes réalisées par d’autres résidents qui aiment peindre.